changement d'école
ma vie de maman

Comment organiser un changement d’école (1/3)

 

Aujourd’hui, je voudrais t’apporter mon témoignage sur l’organisation du changement d’école de notre fille. En effet, elle intègre ces jours-ci son nouvel établissement scolaire. Elle va y effectuer son année de moyenne section puis, nous l’espérons vraiment, la dernière de son cycle de maternelle.

A travers ce témoignage, je désire évoquer les raisons pour lesquelles nous, parents, arrivons à nous poser la question du changement d’école pour notre enfant. Mais surtout, si tu te retrouves un jour dans cette situation, j’aimerai te donner des tuyaux pour que tu puisses t’organiser dans la recherche de nouveaux établissements scolaires et pour que la transition se passe dans les meilleures conditions possibles pour toi et ton enfant.

Mais commençons par le commencement. Qu’est ce qui nous a mené à prendre cette décision radicale qu’est le changement d’école ?

Les principales raisons de la décision du changement d’école 

On en rêvait de cette école, vraiment! Quand j’ai su qu’on avait une place dans l’établissement, j’en sautai presque de joie. Une pédagogie alternative, des classes d’âges mélangés, tout ce que je désirais pour notre fille pour développer sa confiance en elle, ses apprentissages et son autonomie étaient là !

Malheureusement, notre fille n’a jamais souri à l’entrée dans son école. Elle n’a jamais dit bonjour non plus aux adultes encadrants et a pleuré quasiment tous le matins à chaque départ de maman ou de papa. Elle passait la majeure partie du chemin dans nos bras et quand on la posait à terre, elle marchait à pas d’escargot quand on ne devait pas la tirer légèrement en cas de retard.

Son corps nous signalait tout simplement « non ». Je pense que le corps ne ment pas, c’est pourquoi son papa et moi-même commencions à avoir de sérieux doutes sur son épanouissement personnel lors de ses journées d’école. Comme son langage était peu développé, elle ne nous expliquait pas vraiment ce qui n’allait pas, juste qu’elle ne voulait pas aller à la sieste et à la cantine. Mais on ne savait pas pourquoi.

Nous avons bien sûr contacté les enseignants et la direction et ils nous ont assuré que ses pleurs cessaient rapidement et qu’ensuite elle passait de bonnes journées. A chaque fois, nous sortions des rendez-vous apaisés en nous convainquant que c’était une question de temps, que cela passerait.

Jusqu’au jour où son papa n’a tout simplement pas pu la déposer à l’école. Ce matin là, elle refusait catégoriquement d’enlever son manteaux et ses chaussures, pleurait et hurlait en se roulant par terre. C’était littéralement impossible de la toucher. Pire, elle descendait seule les escaliers pour sortir de l’école, que son père la suive ou pas. C’était un refus catégorique qu’elle émettait à force de cris et de tentatives de fuites.

Son cœur de papa s’est littéralement brisé et au bout de 20 bonnes minutes, il est enfin sorti de l’école …. avec notre fille. Il m’a avoué qu’il se serait vraiment senti une M…. à la laisser là-bas en la voyant dans cet état de panique. Si je n’avais pas bossé de la maison, je pense qu’il aurait posé sa journée.

Rebelote. Prise de rendez-vous au cours duquel nous entendons le sempiternel «  tout va bien, ne vous en faites pas » et surtout « faites-nous confiance ». On en ressort partagé entre un sentiment de réassurance et un autre de mal-être persistant qui nous ronge de plus en plus. Comment faire confiance les yeux fermés lorsque notre fille pleure quasiment tous les matins, se renferme sur elle-même à l’approche de l’école, panique à la vue du drap de sieste et désire s’échapper de l’établissement ? Trop c’est trop, nous recherchons une autre solution.

Dans notre situation, la décision du changement d’école était lié à la trop grande divergence de valeurs avec le personnel encadrant et à l’opacité de la structure. Pour d’autres familles, cela peut-être lié à du harcèlement, une méthode pédagogique qui ne convient pas ou encore à un événement extérieur à l’école (déménagement, divorce des parents, pertes de revenus …)

Ce qui est important en premier lieu est donc de lister ce qui va et ne va pas, mais aussi écrire que l’on désire dans le futur. Voici comment nous avons procédé.

Connaître ses priorités 

Je peux te l’avouer franchement, que ma fille sache réaliser un atelier autonome de A à Z, ou qu’elle apprenne de nouvelles choses en observant un élève de grande section, c’était devenu le cadet de mes soucis. La première chose que je désirais pour elle était qu’elle ait tout simplement envie d’aller à l’école et qu’elle s’y sente bien.

Nous avons donc fait la liste de ce que nous ne voulions plus :

le rejet ou l’ignorance des émotions : malgré son repli sur soi, sa tristesse ou sa colère, selon le personnel de l’école, tout allait bien pour notre fille.
le manque d’inclusion des parents : un accompagnement bref des enfants devant la classe était autorisé et une sortie éclair à la porte de l’établissement sans aucun bonjour ni aucune transmission.
des menaces et des punitions : Quand elle s’énervait contre nous, notre fille imitait le personnel encadrant en criant avec ses petits poings sur les hanches, en menaçant d’un mot dans le cahier de liaison et nous disait qu’on allait être puni ! Nous avons appris plus tard que la menace de la chaise d’isolement planait telle une épée de Damoclès au dessus de la tête des élèves.
l’obligation de rester plus d’une heure allongée en salle de sieste pour un enfant qui ne dort jamais

Puis la liste de ce que nous voulions :

une équipe pédagogique bienveillante à l’écoute des enfants et des parents
un minimum de transmissions orales (et pas un cahier de liaisons informel comme au collège qui ne rassemble que les « bêtises » des enfants)
aucune obligation concernant les besoins physiologiques (dormir, manger par exemple)
davantage d’activités motrices qui sont d’une importance cruciale pour un enfant de maternelle

 

Nous avons aussi mis sur la balance ce qu’elle perdrait avec un changement d’école. Au final, cela se résumait à la perte de ses copains et d’un environnement connu comme la salle de classe et la cour de récréation. En confrontation avec les points négatifs, son papa et moi-mêmes nous sommes dits que cela ne pesait pas lourd sur la balance. Elle vivrait sûrement une période de transition mais elle se referait vite de nouveaux amis. Et comme nous sortons beaucoup, elle reverrai même les anciens copains au parc à la sortie de l’école et le weekend.

Si en tant que parent, tu remets en doute l’école actuelle de ton enfant, écris sur une feuille tout ce que tu n’aimes pas dans cette école et à côté ce que tu aimerai trouver dans un nouvel établissement. Tu remarquera que ce qui apparaîtra sur cette feuille représente tout simplement tes valeurs profondes, ce avec quoi tu as du mal à déroger. De la même manière, ait aussi conscience des avantages que tu perdra avec un nouvel établissement.

Confronter les idées permet de clarifier la situation actuelle mais aussi de te projeter dans un futur qui correspond mieux à tes attentes.

Comme disait si bien Sénèque : Il n’est point de vent favorable pour celui qui ne sait où il va .

Donc écrit sur le papier ce qui est important, voire non négociable, pour toi. Allez, à ton stylo !

Comme l’article risque vraiment d’être long et que tu as peut être un tableau à réaliser, la semaine prochaine je t’expliquerai comment je suis partie à la recherche de solutions alternatives.

En attendant, dis-moi ce que tu penses de l’idée d’un tableau des pour et des contre. Peut-être as-tu déjà été confrontée à un changement d’école ? Comment as tu procédé ?

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6 commentaires

  • Nicolas

    Merci pour ce récit très bien écrit et poignant. Moi qui suis particulièrement sensible à la douleur des enfants (physique, psychique ou morale), votre article m’a serré le cœur. C’est la preuve que par votre récit vous avez mis le doigt et trouvé les mots pour décrire de vraies questions à se poser dans la vie : quelle est ma priorité ? Merci

  • Irène de mon agenda bien-être

    Ou la la ayant une petit fille qui rentre en grande section de maternelle j’ai eu mal au cœur. Quel déchirement de vivre ces situations. Je pense qu’il faut écouter son enfant ! Perso pour réaliser mes choix j’utilise une matrice décisionnelle 🙂 . Je notre les 3 critères qui me tiennent à cœur et je leur applique un coef multiplicateur en fonction de leur niveau d’importance, après il ne reste plus qu’à compter les points et le choix se fait tout seul 🙂

    • Marie Jaaem

      Exact, nous avons écouté notre enfant, et nous-même par la même occasion car cela devenait anxiogène aussi pour nous de l’emmener la bas le matin, ça ne respirait pas la sérénité et on le sentait.

  • Lucie

    Oh la pauvre petite ! ça fend le coeur de savoir nos enfants si mal à l’école. Vous avez très bien fait de la changer d’école, on a hâte d’avoir la suite du récit. Très bonne idée le tableau des “pour” et des ” contre”, ça permet de bien cibler les priorités et de mettre en avant ce qui est vraiment essentiel pour son enfant.

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