mentir ou dire la vérité
ma vie de maman

Mentir à son pédiatre ?

 

Je pense que les femmes enceintes peuvent être perplexes voire choquées à la lecture du titre de cet article. En revanche, je sais aussi que beaucoup de mamans ont un petit sourire au coin des lèvres et savent exactement pourquoi j’évoque cette question. Alors aujourd’hui, je jette un pavé dans la marre dans le monde des professionnels de la santé et je pose la question suivante: pourquoi certaines mamans en arrivent-elles à mentir à leur pédiatre?

 

Les sujets sur lesquels il ne faut surtout pas mentir à son pédiatre

 

Avant d’évoquer les sujets sur lesquels certaines mamans ne disent pas toute la vérité, il me semble essentiel d’évoquer ceux sur lesquels vous ne devez surtout pas mentir à votre pédiatre. Il me paraît évident qu’il ne faut surtout pas occulter les informations importantes qui pourraient risquer la santé de votre enfant. Le rôle du pédiatre est de veiller à ce qu’il se développe bien tant au niveau physique que psychique.

Vous allez donc l’informer de ses maladies, s’il prend un traitement particulier actuellement, s’il a une allergie, s’il a des antécédents familiaux, s’il a une affection au long cours. Normalement toutes ces informations ont été notées dans le carnet de santé si vous l’emmenez avec vous à chacune de vos visites chez le médecin, mais si le pédiatre vous pose la question, répondez en toute honnêteté, il en va de la santé de votre enfant. De même, s’il a des difficultés à se nourrir ou à aller à la selle, informez-le.

Néanmoins, il reste des sujets sur lesquels des mamans se sentent peu en confiance avec leur pédiatre. Et bien souvent, cela a trait à la personnalité du médecin.

 

Un pédiatre culpabilisant

 

En tant que parents, on ne désire pas que son enfant tombe malade. Malheureusement, ce sont des choses qui arrivent et c’est bien pour cela qu’en dehors des visites de routine, on se rend chez le pédiatre.

Ma fille a eu son premier rhume avant d’avoir 1 mois. Malgré les précautions prises, c’est sûrement moi qui lui ai transmis mes microbes. La petite ayant des difficultés à respirer, nous avons tout de suite pris rendez-vous chez la pédiatre du quartier. C’est il y a plus de 3 ans maintenant, mais je me rappelle encore comment, peut-être sans le vouloir, elle nous culpabilisait. Pendant toute la consultation, elle répétait inlassablement «mais qu’est-ce que c’est que cette petite qui tousse ! » . Toutes ses répétitions, je les prenais directement comme une accusation, comme si elle nous disait « mais comment se fait-il qu’elle tousse ? Qu’avez-vous fait (ou pas fait), monsieur et madame les parents ?». J’aurai cent fois préféré qu’elle me montre lentement comment bien moucher un bébé au lieu de le faire en un éclair avec ma fille, en répétant inlassablement sa tirade vindicative. Résultat : je suis sortie presque en pleurs du cabinet avec le sentiment d’être une mauvaise mère qui n’y arriverait pas avec son enfant.

Est-ce ce type de sentiment qu’un pédiatre doit faire passer au parents, qu’ils sont nuls et incompétents ? Ne méritent-ils pas plutôt des conseils et des explications en lieu et place des réprimandes ? Nous sommes des supers débutants à ce moment là et nous avons juste besoin qu’ils se mettent à notre niveau.

J’imagine que si elle se comporte comme cela avec toutes les jeunes mères, il est fort possible qu’elles ne lui disent pas toute la vérité pour ne pas se faire gronder lorsqu’elles ne réussissent pas encore à tout faire comme il faut. Peut-être risquent-elles d’occulter, par peur d’être jugées, des informations importantes pour la santé de leur bébé?

Un pédiatre qui vous prend de haut

 

Certains professionnels ne se rendent pas compte que quelque-chose qui semble évident pour eux peut ne pas l’être pour un parent qui n’a jamais vécu la situation en question. Quand on devient parent, il est fort probable que notre expérience du bébé soit proche de zéro et qu’on ait tout à apprendre!

Alors oui, on peut poser des questions qui leur paraissent bêtes et certains ne se gênent pas pour nous le faire savoir, et pas de la façon la plus bienveillante qui soit. Imaginez que vous ayez du mal à changer une couche et qu’on vous regarde avec de grands yeux ahuris et qu’au lieu de vous montrer en 2 minutes comment le faire correctement, on vous explique cela en une dizaine de mots et surtout sans aucune démonstration. Serez-vous prochainement tenté de mentir sur votre dextérité avec bébé?

Il y a aussi ceux qui répondent par monosyllabe tout en continuant de taper l’ordonnance sur leur clavier d’ordinateur, dans le but d’écourter au plus vite la consultation. Pour les réponses précises à nos questions, on repassera.

Un pédiatre qui rejette le maternage proximal

 

S’il y a bien une question qui divise de nombreux pédiatres, c’est le maternage proximal. Il n’y a qu’à voir les commentaires des forums pour s’en rendre compte : « Et ma pédiatre m’envoie en pleine figure en fin de consultation, après m’avoir prescrit un tube d’homéopathie pour “détendre” ma puce : “oh je crois surtout que vous avez du mal à la sevrer !!! »  (l’enfant a 9 mois dans cet exemple) ou encore « La pédiatre me dit de la laisser pleurer au moins 1/4 d’heure » (le bébé a 2 mois et demi dans ce topic là !) . Une blogueuse raconte ses péripéties dont je vous livre aussi un extrait :  Dr la Morale m’en remets une couche « je n’ai qu’un seul remède, ne pas vous relever pour lui donner à boire(Ah, ben merci j’y avais jamais pensé!)…”oui, mais il faut leur donner de l’autorité ! ” . Voilà pour les exemple sur le net.

J’ai rencontré 2 mères de jeunes enfants ce week-end et chacune d’elle m’a avoué mentir à son pédiatre. La première lui disait qu’elle ne nourrissait plus son bébé de 7 mois la nuit alors qu’elle l’allaitait à la demande. L’autre maman cachait au sien qu’elle prenait son fils dans ses bras pour le rendormir alors qu’il lui avait conseillé de le laisser pleurer dans son lit pour lui apprendre à ne plus avoir besoin de ses parents pour cela. J’imagine que ces médecins ne sont pas vraiment copains avec Catherine Gueguen ou William Sears !

Et vous savez quoi, la mienne non plus ne fait pas parti de la fine équipe des pédiatres pro- maternants ! Bon, pas au niveau des deux médecins cités au dessus mais quand même, elle n’est pas vraiment fan du truc. Mais comme je ne la vois que pour les examens obligatoires du carnet de santé, je prends sur moi pendant les 10 minutes du rendez-vous. Parce qu’il est vrai que lorsqu’elle me dit sur un ton blasé « vous allaitez toujours ? » ou « ça y est, elle dort dans sa chambre ? », je devine sur son visage une lueur de désespoir quand je lui réponds que « oui, je l’allaite toujours et qu’elle dort toujours dans notre chambre ». Sa chambre est prête, elle ira quand elle le voudra. Quand au sevrage, bien que je n’allaite plus à l’extérieur pour qu’elle ne soit pas moquée , je désire qu’il soit naturel. Vous comprenez pourquoi ma fille a rapidement été suivie par notre généraliste lorsqu’elle tombait malade ?

 

Les raisons pour lesquelles je ne lui mens pas

 

Je pourrai moi aussi mentir à ma pédiatre mais j’ai décidé que je ne le ferrai pas. Pourquoi ? D’une part, parce que je me fiche qu’elle me trouve pitoyable. Je suis en accord avec ce que je fais actuellement avec ma fille. Je pense que cela nourrit un fort lien d’attachement et lui donne confiance en elle. Mais surtout, parce que je préfère être une de ces mères qui lui fait état de la réalité, de ce qui se passe au quotidien au sein de nombreuses familles dans notre pays, car je pense que plus nombreuses nous seront à le faire, moins certains pédiatres se permettront de nous juger sur ces pratiques de maternage proximales qui sont légion sur la majeures parties des endroits dans le monde !

Plus nous serons nombreuses à dire la vérité concernant le sommeil de nos bébés, l’allaitement, le portage, moins certains pédiatres se permettront d’annoncer des chiffres erronés sur l’âge « normal »  auquel bébé doit faire ses nuits, doit être sevré ou doit abandonner la tétine. Par conséquent, moins de mères qui doutent sur ces sujets se laisseront convaincre d’affamer leur bébé la nuit ou de le laisser en pleur seul sans aucun réconfort humain, tout ça pour qu’il rentre dans des cases.

Alors voilà, si vous vous sentez le courage de ne pas mentir à votre pédiatre et de lui exprimer qu’il est normal que vous ne sachiez pas tout faire avec votre nourrisson, que vous lui posez des questions mêmes si elles peuvent sembler bizarres, et que vous arborez fièrement votre choix du maternage proximal, dites-vous que cela servira peut-être à limiter (voire modifier ? ) certains agissements inadéquats de la part de certains professionnels.

 

Surtout, n’hésitez pas à relayer cet article aux femmes enceintes de votre entourage ou a des mamans de touts jeunes enfants, cela pourra les rassurer.

Et faites moi part de vos expériences , je suis curieuse:)

 

NB : cet article fait référence aux pédiatres, car c’est le professionnel qui revient le plus lors des discussions entre parents ou sur les forums. Mais il est évident que des problématiques de ce type peuvent se rencontrer avec tout professionnel en lien avec les parents ou les enfants.

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11 commentaires

  • virginie

    Merci pour ton article!
    le pédiatre qui te prend de haut ou qui te juges et te culpabilises…je connais…et comme au bout de trois fois, il n’avait toujours pas intégré que ma fille Loïs était une fille et pas un petit garçon…plus d’autres raisons, sur lesquelles je ne m’étendrais pas, j’ai simplement arrêté d’y aller et c’est l’homéopathe qui a pris le relais! Tout ça pour dire que quand un professionnele de santé vous prend de haut ou vous juge et qu’il n’est pas capable d’un peu de pédagogie ou d’empathie, pour moi il faut en changer, il n’a rien à faire dans la santé…c’est qu’il a oublié son serment d’hyppocrate 😉

  • Aurélie Betsch

    Je ne vais plus chez le pédiatre depuis que j’ai eu des remarques sur le fait que je voulais faire l’école à la maison. Mon petit garçon avait 3 ans et aurait pu rentrer en petite section. La pédiatre a commencé à me parler de sociabilisation, entre autre. Elle m’a affirmé qu’à 6 ans ça devrait être interdit de faire l’école à la maison. Et je passe les remarques sur le reste. Mes enfants sont maintenant suivis par des généralistes. Ceux que j’ai vu jusqu’à maintenant sont beaucoup moins moralisateurs. Peut-être que comme ils sont en contact avec beaucoup plus de gens différents, ils ont plus de compréhension ou alors j’ai rencontré des médecins particulièrement ouverts 🙂

  • Valentine - Parents en Equilibre

    Arghh ! Pour sûr, c’est parfois les 12 travaux d’Hercule de trouver des médecins/pédiatres ou soignants en général avec qui on se sente pleinement en phase. Personnellement, je sais que je suis en désaccord avec notre médecin sur certains points mais elle est respectueuse et bienveillante. Elle s’abstient de juger et conseille sans donner de leçon, ce que j’apprécie.

  • Charlène

    Je me reconnais dans cet article.
    Mon pédiatre disait fermement “pas de tétine après 6 mois”. Alors j’ai tout fait pour l’en séparer, rien d’autre ne la calmait, tant de pleurs…
    D’autres désaccords avec lui…
    Je comprend dans ton article que la relation pédiatre/parent a l’air souvent compliquée…

  • Marion Gautheron

    Je n’ai jamais menti à un pédiatre. En même temps je n’y ai jamais emmené mes enfants 😀
    Mon généraliste est plutôt cool. Comme toi j’aime bien dire aux professionnels de santé ce qui se passe réellement, juste pour voir leur tête parfois. Surtout avec la question redondante “elle ne tète plus qu’une fois par jour ?” Ou pas 🙂

  • Nath nutri-momes

    Je me suis reconnue dans ton article 🙂

    J’ai vécu ce type de commentaires pour mes 3 enfants dans les organismes officiels (ONE en Belgique)…
    “votre fille est trop jeune pour se mettre déjà debout… “. Comme si c’était moi qui l’obligeait à se tenir debout !
    “Elle est trop mince”
    “Donner le biberon plutôt que d’allaiter”
    “Commencer déjà les panades” : trop tôt à mon goût

    Dommage qu’il y ait encore tant de pédiatres comme ça 🙁

  • Julie

    Ah le pédiatre! Mon aussi il me prenait de haut quand je lui disais que j’allaitais toujours mon fils de 1 an et que non je ne lui donnais pas de tétine. La tétine n’a t elle pas été inventée pour remplacer le téton? À croire que certain préfèrent les substituts au naturel…

  • Barbara

    Lorsque notre pédiatre nous a “fortement” conseillé de laisser pleurer notre bébé de 3 mois pour qu’il se rendorme seul, j’ai arrêté de le consulter. Faire du forcing avec mon bébé, très peu pour moi !

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