jeu no fault zone
éducation bienveillante

Apprendre la CNV par le jeu

Lors de ma visite au festival «grandir et vivre autrement» de Gennevilliers, j’ai pu assister à la magnifique conférence gesticulée sur les violences éducatives ordinaires de Camille Pasquier. Si vous voulez lire mon article à ce sujet, vous pouvez cliquer sur ce lien «et baisse les yeux quand j’te parle». N’oubliez pas d’aller jusqu’en bas de l’article pour trouver les dates et les lieux de ses représentations.

Sortie de la conférence, les organisateurs nous proposent de participer à d’autres ateliers. Je choisis celui du MAN (mouvement pour une alternative non violente) qui a pour thème «la non violence, une force pour agir». Cet atelier propose d’apprendre la CNV par le jeu, et ça tombe bien, les ateliers ludiques, j’aime ça 🙂

L’exposition du MAN

Je me retrouve avec 3 personnes de l’association et 4 autres joueuses.

Nous commençons par découvrir ensemble le parcours exposition du MAN qui se présente sous la forme de 20 grandes affiches, déclinées en 5 grands thèmes sur la violence.

– la non-violence, une force pour agir

– faire face au conflit

– comprendre la violence

– l’action non violente

– la non violence, ça se cultive

Au regard des thèmes traités, on remarque que l’action pacifique peut toujours exister face à la violence et que cela s’apprend. Car en effet, peu d’entre nous ont été habitués à toujours agir de manière non violente et à force de baigner dans ce climat de domination/soumission, nous ne savons plus trop comment bien gérer les conflits.

J’ai trouvé cette exposition intéressante car il y a un vrai fil conducteur entre les différents panneaux. De plus, on ne nous dit pas qu’il faut éviter le conflit, qui est plutôt sain en soi, mais qu’il faut le gérer sans violences.

S’entraîner à la CNV

La théorie, c’est bien mais la pratique c’est mieux! C’est pourquoi Sura hart, une formatrice certifiée en communication non violente, a inventé un jeu pour s’entraîner à la communication non violente : The No Fault Zone

Pourquoi s’entraîner me direz-vous? Parce qu’on est davantage habitué à juger le comportements des autres lors d’un conflit plutôt que des décrire nos sentiments et d’énoncer nos besoins.

Essayez de le faire en temps normal, ou pire quand vous êtes en pleine crise de nerfs avec vos enfants ou votre conjoint, vous verrez que c’est loin d’être évident. On se laisse totalement débordés par nos émotions et les mots qui sortent de notre bouche ne font bien souvent qu’envenimer la situation au lieu de l’apaiser.

Le jeu «No fault Zone»

C’est là que le jeu intervient.

The No fault game est composé de 2 plateaux, 3 thèmes de cartes différentes et des jetons.

Les cartes vertes sont celles du choix que nous faisons actuellement au regard du conflit que l’on traite avec le jeu, les cartes rouges représentent les sentiments que l’on éprouve en rapport avec ce conflit (comment on se sent à l’intérieur) et les cartes jaunes représentent les besoins que l’on a en rapport avec ce conflit (ce dont on a besoin pour que la situation s’améliore et que l’on se sente mieux).

Sur le plateau, nous plaçons tout d’abord une ou plusieurs cartes de choix et avec un jeton, nous évaluons notre humeur quant à la situation. Puis nous choisissons les cartes sentiments qui sont reliés au problème en question, puis nos besoins inassouvis par ce conflit.

Durant l’atelier nous avons expérimenté le jeu seul en prenant l’exemple d’une critique qu’on aurait pu nous faire, mais idéalement, le no fault game se joue minimum à 2 personnes pour résoudre les conflits. Ainsi exprimés, les situations, les sentiments et les besoins de chacun peuvent être confrontés, sans jugement aucun, pour que l’autre en face de nous puisse prendre conscience de notre ressenti face au problème.

Quand chacun de nous a placé son jeton d’humeur et ses cartes, on change maintenant de place et on consulte le jeu de notre partenaire afin de se connecter à son ressenti. Puis on peut demander des clarifications sur ses sentiments ou besoins en utilisant la reformulation ou en lui posant directement des questions. Conscient du ressenti et des besoins de l’autre, chacun retourne à sa place et peut rediscuter le problème sous un autre angle en proposant des solutions gagnant/ gagnant.

Un exemple du jeu en vidéo

Voici une vidéo (en anglais désolé) qui illustre très bien le jeu. Dans l’exemple, un père et une mère discutent de la possibilité de donner plus d’indépendance à leur adolescente. La mère est plus réticente que le père et chacun expose ses sentiments et ses besoins quant à la situation.

Expérimenter ce jeu m’a donné envie de mieux m’exprimer pour résoudre les conflits auxquels je suis confrontée. Je pense que c’est une habitude à prendre car suivant notre éducation, nous n’avons pas toujours été habitués à parler de nos sentiments ou dire nos besoins.

C’est un réel travail à faire sur nous-même et passer par le jeu peut être d’une grande aide.

Que pensez-vous de ce jeu? L’avez-vous déjà testé ou cela vous donne-t-il envie de le faire? Dites-le moi en commentaires.

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3 commentaires

  • virginie

    je pense effectivement qu’apprendre la communication non violente en la pratiquant est certainement la meilleure méthode pour intégrer tous les principes et donc l’idée du jeux est super! car lire des dizaine de bouquins ne vaudra jamais l’apprentissage par la pratique 🙂

  • Valentine - Parents en Equilibre

    Ah, super ! Merci d’écrire sur la CNV ; j’ai prévu de le faire également sur Parents en Équilibre prochainement. Ça me semble être une clé majeure dans les relations en général,e t à plus forte raison avec nos enfants ou notre conjoint.e. Personnellement, adopter une communication non-violente (ou tout du moins faire de mon mieux chaque jour pour tendre vers cela) a drastiquement changé notre vie familiale 🙂 et dans le bon sens !

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