conférence gesticulée
éducation bienveillante

Et baisse les yeux quand j’te parle!

 

Je rentre tout juste de Gennevilliers où a eu lieu la seconde édition du festival «grandir et vivre autrement», organisé par l’association «éveil et sens – grandir ensemble».

J’ai vraiment adoré cette rencontre! Pourquoi? Car c’était un événement à taille humaine avec de multiples ateliers pratiques, animations, conférences et débats. De plus, l’entrée était libre et gratuite ce qui a sûrement favorisé la venue de toutes les personnes intéressées, indépendamment de leurs moyens financiers.

Mais ce n’est pas ce magnifique festival que j’ai connu en premier, c’est la conférence que je voulais voir depuis quelques mois déjà qui m’a menée à lui. En faisant mes recherches sur la violence éducative ordinaire, je suis tombée sur la conférence gesticulée de Camille Pasquier «Et baisse les yeux quand j’te parle».

Qu’est ce donc qu’une conférence gesticulée?

C’est la question que je me suis posée. Je connais les conférences traditionnelles, mais celles qui sont gesticulées, je n’en avais jamais entendues parler.

Après avoir vu et participé à celle d’aujourd’hui, je dirai qu’une conférence de ce nouveau type passe un message percutant mais de manière plus ludique que dans les conférences traditionnelles. On interagit avec le conférencier et entre spectateurs aussi. Camille Pasquier est à la base comédienne et elle sait donc transmettre des choses importantes tout en gardant son public captivé. Elle mêle narration, chansons et lecture de livres pour enfant et n’hésite pas à se livrer sur ses expériences de maman, y compris celles dont elle n’est pas fière. Cela rassure, car nous ne sommes donc pas seules à ne pas être des mères parfaites 🙂 !

On ne s’ennuie pas lorsqu’on assiste à une conférence gesticulée. Je n’ai pas vu passer les 2 heures où Camille nous racontait avec passion ses expériences de vie de maman et nous partageait ses connaissances sur le cerveau de l’enfant.

La violence éducative ordinaire

Le thème traité par Camille est la violence éducative ordinaire. C’est un thème qui lui est cher, d’autant plus depuis qu’elle est devenue maman. Elle se remémore toutes les scènes humiliantes et dégradantes pour les enfants auxquelles elle a assistées. Puis elle se demande comment un être si petit et adorable qu’un bébé risque de se transformer plus tard en un adulte qui blessera, souvent involontairement et sous-couvert que c’est «pour leur bien», ses propres enfants.

Grâce aux différentes scènes de vie de famille qu’elle nous raconte, on se revoie soit dans le rôle de l’enfant soumis et maltraité, soit dans celui du parent moralisateur et énervé, ou encore dans celui de spectateur passif d’une scène de violence physique ou morale. Dans tous les cas, cette prise de conscience nous fait mal.

On sent que quelque chose en nous a été brisé et que l’on doit tout faire pour reprendre le contrôle de la situation afin que le cercle vertueux de l’empathie et de l’entraide reprenne sa place dans l’éducation de nos enfants et dans le monde en général. Tout comme j’ai osé le faire dans ma présentation lors de mon 1er article de blog, elle lie elle aussi la violence éducative aux maux de notre société comme les inégalités sociales, le trop plein de consommation avec le focus sur l’«avoir» plutôt que sur l’«être», la pollution et les dérèglements climatiques.

Punitions, menaces, chantages et même récompenses sont des VEO

Voici quelques-un des ingrédients de la violence éducative ordinaire, en plus des châtiments corporels bien entendu. A travers des exemples, Camille nous livre toutes ces stratégies que l’adulte peut utiliser pour contrôler l’enfant et le mener à faire ce dont il a envie, souvent par la force et la domination. L’enfant n’a alors pas le choix et se plie aux exigences de l’adulte non pas par compréhension de la demande, mais par crainte de la sentence. On comprends alors que ce sont autant de blessures à court, moyen et long terme que l’on inflige à notre enfant. Comment ne peut-t-il pas reproduire ces comportements à l’âge adulte ayant été habitué à des rapports de force durant son enfance?

Au risque d’en choquer certaines, Camille nous explique que les récompenses, louanges et autres bon points forment eux aussi des violences. Certes, elle sont plus insidieuses et sournoises, mais n’enferment-elles pas l’enfant dans un rôle et une image désirée par l’adulte, dont il n’osera peut-être pas s’éloigner de peur de les décevoir et de perdre leur amour? Combien de jeunes adultes embrassent une profession par tradition familiale pour ne pas décevoir leurs parents?

Stress, reproduction des comportements, endommagement du cerveau

Camille relie tous ces comportements néfastes à leurs conséquences physiques, physiologiques et psychique pour l’enfant et l’adulte qu’il deviendra.

Une trop grande dose de stress, parfois quotidienne, peut engendrer une baisse des capacités intellectuelles et émotionnelles pour l’enfant. Quant aux situations négatives vécues dans l’enfance, elles peuvent s’imprégner dans leur cerveau et devenir des comportements de référence qui seront par la suite intégrés par l’enfant comme comportement «normal» à avoir. Les violences éducatives ordinaires endommagent le cerveau en construction de l’enfant, alors que son esprit absorbant peut tout aussi bien enregistrer et reproduire des comportements calmes, de coopération et d’entraide.

Pour en finir avec ces violences éducatives ordinaires

Quand on sait tout cela, on sait au fond de nous qu’il est urgent d’enrayer ces VEO, pour le bien de chaque enfant mais aussi pour le bien de l’humanité toute entière.

Pour cela, n’hésitons pas à renouer avec notre enfant intérieur. Se mettre à la place de son enfant et se demander si on aimerait qu’on se comporte ainsi avec nous. Cela nous fera prendre conscience de nos agissements.

De même, il est aussi important d’écouter nos propres besoins et d’en faire part à des personnes relais quand nous en avons à nos côtés, ou d’en faire part à notre enfant quand il est en âge de le comprendre.

Mais s’il n’y avait qu’un conseil à retenir de cette conférence gesticulée, pour ma part, ce serait celui-là: Considérons l’enfant avec le même niveau de respect que l’on considérerait un adulte. Ses besoins, son avis sont tout aussi importants que le nôtre.

Un beau final

A la fin de sa belle conférence, Camille retient quelques larmes et sanglots, tellement ce sujet l’habite et l’émeut. Elle s’en excuse. J’ai envie de lui répondre via cet article de blog qu’elle n’a pas à s’excuser car ces pleurs qu’elle essaie de retenir expriment tout simplement l’authenticité d’une mère qui veut un monde meilleur pour son enfant et c’est le plus beau cadeau qu’elle peut désirer pour lui. Je ne sais pas si tu as vu, Camille, mais mes yeux et ceux de nombreuses mamans dans la salle brillaient aussi …

Tu peux être fière de toi et de ta démarche contre les violences éducatives ordinaires. Tel le colibri, tu apportes ta goutte d’eau pour éteindre l’incendie.

Chères mamans, si Camille passe près de chez vous, allez la voir, vous ne le regretterez pas. Les émotions ressenties lors d’un tel moment ne peuvent pas ressortir par l’écrit. Je vous invite donc à cliquer sur le lien qui suit pour voir Camille Pasquier en conférence gesticulée. Vous ne serez pas déçues ni par le message transmis, ni par la personne.

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