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Education bienveillante : 8 raisons pour lesquelles les parents n’y croient pas

L’éducation bienveillante, consciente, positive, cela semble difficile pour de nombreux parents.

Alors, je ne vais rien te cacher, cela peut vraiment être difficile ! J’y suis moi-même confrontée régulièrement, et même si je suis convaincue des bienfaits de ce type d’éducation, il m’arrive encore de me laisser submergée par mes émotions et de rentrer en conflit avec ma fille. Ce qui n’arrange rien, bien au contraire …

Pourtant donner le meilleur à ses enfants est le vœu le plus cher des parents et quand ils profèrent ce souhait, je les crois ! Mais alors, pourquoi est-ce si difficile d’y arriver ?

Tout d’abord, posons le postulat initial.

Dans la vie, quand on est confronté à une situation difficile, on a souvent 2 options :

– soit on l’analyse, on cherches des solutions, on s’accroche et on engage une bonne dose de notre énergie pour résoudre le problème

– soit on se voile la face et on remet la faute sur les autres (la méthode d’éducation, son enfant, le travail, le manque de temps… et j’en passe)

Mais voilà, nous ne naissons pas tous avec les mêmes armes en tant que parents. Et cela joue énormément dans la relation que tu vas construire avec ton enfant.

Alors, pour éviter de diaboliser l’éducation bienveillante et pour pouvoir te donner toutes les chances d’avoir une belle relation avec ton enfant, je te liste ici les 8 raisons principales pour lesquelles de nombreux parents rejettent en bloc l’éducation bienveillante en disant que ça ne fonctionne pas. J’espère que cela pourra t’aider à ne plus douter du bien fondé de cette parentalité, et de te battre, tout comme moi, pour donner le meilleur à ton enfant.

 

1. Il est difficile de donner ce que l’on n’a pas reçu soi-même

La manière dont nous avons été élevés par nos propres parents a ancré en nous de nombreuses croyances, de nombreuses manières d’interagir avec le monde qui nous entoure. A ce propos je t’invite à lire mon article sur l’idée reçue que j’avais sur les enfants , elle vient tout droit de mon éducation !

En devenant parent, il y a de fortes chances que l’on reproduise avec nos enfants la manière dont nous avons été éduqués. Cela comprend aussi bien les bons préceptes mais aussi les mauvais, malheureusement.

Un enfant qui a manqué d’écoute, d’empathie, d’explications patientes de la part de son parent rencontrera des difficultés à faire preuve de ces qualités envers son propre enfant lorsqu’il deviendra parent à son tour. Tout simplement car il n’a pas vécues ces situations positives enfant et ne les a donc pas « intériorisées ».

Pour de nombreux parents, la norme de leur enfance étaient les cris, le chantage, l’humiliation, les punitions, les claques ou les fessées. Ces même parents peuvent éprouver aujourd’hui des difficultés à faire autrement avec leurs enfants car ils n’ont pas été « entraînés » à la manière respectueuse d’éduquer un enfant.

Cela peut donc être une des raisons pour lesquelles ces parents doutent de l’éducation bienveillante et la rejette, tout simplement car ils ne savent pas donner ce qu’ils n’ont pas reçu enfant.

 

2. « Mes parents m’ont élevé comme cela et je m’en sors bien »

Certains parents ont conscience des erreurs de leurs propres parents et ils vont réussir à faire différemment avec leurs propres enfant, au prix de nombreux efforts souvent. D’autres ont tellement été influencé par les paroles de leurs parents, comme quoi, si ils les punissaient ou leur donnait une claque, c’était « pour leur bien », qu’ils ont du mal à analyser les comportements de leurs parents à leur égard de manière objective.

As-tu déjà entendu des adultes dire ce type de phrases ?

«  J’ai reçu des gifles et je n’en suis pas mort »

ou encore «  Je les avais bien méritées, j’étais un enfant perturbateur et il fallait bien me remettre sur le droit chemin ». Peut-être les as tu même prononcées toi aussi ?

Quand j’entends ces propos, j’éprouve de la peine pour ceux qui les prononcent car leurs parents ont eu une telle emprise sur eux qu’ils minimisent les méfaits de leurs gestes ou de leurs comportements. Mais pourquoi disent-ils cela alors? Parce qu’il est moins douloureux pour un enfant (puis pour l’adulte qu’il deviendra) de croire qu’il est lui-même fautif plutôt que de se dire que se sont ces parents, les êtres qu’il aime par dessus tout, qui le sont.

Pour ces adultes qui ont été élevés de cette manière, adhérer aux principes de l’éducation bienveillante avec leur propre enfant serait comme renier leurs propres parents et leur renvoyer à la figure qu’ils ont certainement mal agi avec eux. Et cette douleur est plus forte que celle de croire qu’on est un vilain petit garçon ou une vilaine petite fille.

 

3 . La peur de se remettre en question

Beaucoup de parents rejettent encore l’éducation bienveillante car, même s’ils ont conscience qu’ils reproduisent des comportements inadaptés avec leurs enfants, ils se voilent la face sur les conséquences de ceux-ci envers leurs enfants.

Se remettre en question, cela équivaut à enlever le pansement sur une plaie qui est souvent encore infectée. Se remettre en question, c’est aussi se confronter à ses erreurs passées quand on ne connaissait pas encore le concept d’éducation bienveillante et donc se dire qu’on a sûrement faillit à plusieurs reprises avec son enfant.

Cela demande aussi beaucoup d’humilité de se remettre en question. Dans une société qui condamne l’échec plutôt qu’il ne le valorise, échouer est vécu de manière négative alors qu’il y a toujours à apprendre de ses échecs .

Apprivoiser l’éducation bienveillante, c’est se confronter à ses échecs et tout le monde n’y est pas prêt. C’est pourquoi, beaucoup de parents la rejette encore.

 

4. La peur du jugement de l’autre

Avoir des enfants bien élevés a toujours été un critère important aux yeux des parents. Avouons-le, qui ne s’est jamais senti mal à l’aise lorsque son enfant hurlait à gorge déployée parce qu’il ne voulait pas partir du parc ?

L’éducation bienveillante prône l’écoute de toutes les émotions de l’enfant, allant de la plus agréable comme la joie à la plus bruyante comme la colère. L’éducation traditionnelle que beaucoup d’entre nous avons connu, quant à elle, n’autorise pas vraiment les émotions dites « négatives ». La tristesse et la douleur sont reniés ( « ne pleure pas » , « ce n’est pas grave »). Quant à la colère, elle est carrément fustigée ( « tu n’es pas jolie quand tu es en colère ! », ou encore «  vas faire ta colère ailleurs et reviens quand tu sera calmé »).

Il est alors difficile pour un parent qui baigne dans l’éducation traditionnelle, de par son vécu ou son entourage, d’accepter toutes les émotions de son enfant et de l’aider à les accompagner sans passer pour un extra-terrestre aux yeux de ses proches. Combien de grands-parents, d’amis, voire même d’inconnus se sont adressés aux jeunes parents en leur disant que leur enfant qui demandait du réconfort ne faisait qu’un caprice et qu’ils ne devaient pas céder à ses demandes ?

Il faut alors beaucoup de courage et de détermination pour s’opposer à ces idées préconçues ancrées depuis longtemps chez les individus. Et beaucoup de parents n’arrivent pas à trouver ces ressources en eux et préfèrent rejeter la faute sur l’éducation bienveillante.

 

5. La confusion entre éducation bienveillante et laxisme

Quand on cite l’éducation bienveillante, le premier mot qui vient à l’esprit de beaucoup de parents est le mot laxisme. Être bienveillant avec ses enfants reviendrait donc à être laxiste et à tout leur permettre.

Alors il est vrai que certains parents peuvent tomber dans cet écueil s’il ne comprennent pas la notion de bienveillance qui est la base de cette éducation. Et je peux les comprendre, car cette notion n’est pas si simple qu’elle y paraît.

Être bienveillant ne veut aucunement dire qu’on accepte tous les faits et gestes de son enfant et qu’il n’y a pas de limites. Pour élever un enfant dans la bienveillance, il faut obligatoirement un cadre avec des règles à respecter. C’est la manière dont les règles vont être posées qui va faire la différence. Ici, on évite d’employer le chantage et les menaces au bénéfice des explications ( beaucoup d’explications 😉  ) mais aussi de la demande de coopération de l’enfant qui viendra lorsqu’il aura intégré les notions d’éducation.

Le laxisme, quant à lui, intervient lorsque le pouvoir est pris par l’enfant sur le parent en quelque sorte. L’éducation bienveillante vise elle le deal gagnant/ gagnant où ni le parent ( cas de l’autoritarisme), ni l’enfant ( cas du laxisme) ne gagne. Cette situation où aucun des deux ne se sent écrasé par l’autre est un équilibre parfois difficile à trouver, et c’est par l’expérience et le tâtonnement que l’on va s’en rapprocher de plus en plus.

 

6. La confusion entre autorité et autoritarisme

A l’inverse des parents qui tombent dans le laxisme, beaucoup de parents font preuve d’autoritarisme avec leur enfant. Je parle bien d’autoritarisme et non d’autorité.

Quelle est la différence entre ces 2 termes?

Si on regarde la définition de l’autorité sur le Larousse on peut y lire ceci :

“Ensemble de qualités par lesquelles quelqu’un impose à autrui, ascendant grâce auquel quelqu’un se fait respecter, obéir, écouter”

ou encore ” crédit, influence, pouvoir dont jouit quelqu’un ou un groupe dans le domaine de la connaissance ou d’une activité quelconque du fait de sa valeur, de son expérience, de sa position dans la société, etc. ; caractère de quelque chose dont la valeur, le sérieux, communément reconnus, lui permettent de servir de référence”.

Parmi quelques notions d’autoritarisme qui subsistent  (pouvoir, position dans la société), on retrouve néanmoins les notions de qualité, d’influence, de connaissance, de référence. Faire autorité signifie donc que l’on persuade l’autre par la force de ses propos, de ses actions, par son exemplarité et pas par le chantage, la menace ou l’utilisation de la force. Ces manières de faires sont celles de l’autoritarisme.

L’autoritarisme peut marcher un temps mais le revers de la médaille est bien là pour les parents qui l’utilisent. Lorsque l’enfant verra qu’il pourra prendre l’ascendant sur son parent, à l’adolescence par exemple, il ne s’en privera pas. Il arrive aussi que l’enfant ait été tellement soumis qu’il ne se rebelle jamais mais qu’il “divorce” en quelque sorte de ses parents à l’âge adulte et n’entretienne avec eux que des relations superficielles voire coupe carrément les ponts.

D’après ces explications penses-tu que tes parents ont ils fait preuve d’autorité ou d’autoritarisme envers toi ?

 

7. La fin justifie les moyens

Un corollaire du point précédent est que beaucoup de parents, bien souvent les plus autoritaires, rejettent l’éducation bienveillante car ils vont te dire que la seule chose qui compte est que l’enfant obéisse au parent. 

Pour eux, il faut juste que leur enfant exécute les ordres qu’ils vont leur donner, et plus vite ce sera fait, mieux ce sera. Cela représente souvent pour eux une preuve sociale que leur enfant est bien élevé.

Quand on se penche sur la question , quels ont été les moyens employés pour que leur enfant obéisse si vite et sans broncher ? Ce sont bien souvent des menaces, du chantage, des punitions, des cris, des réprimandes physiques.

Alors, bien sûr, la majorité des enfants apeurés obéiront car ils n’auront tout simplement pas le choix. Mais auront-ils compris le bien fondé de la demande de leur parents ?

En éducation bienveillante, le processus d’apprentissage est plus long car il faut de nombreuses explications, de nombreuses démonstrations avant que le concept soit intériorisé et accepté par l’enfant. Mais sache que des règles réellement comprises et acceptées sont toujours mieux appliquées que des règles exécutées sous la contrainte. Car dis toi bien que, dans ce cas, lorsque le chat n’est pas là les souris dansent.

Pour t’illustrer ce concept, pense à un de tes profs ou de tes chefs qui sanctionnait beaucoup. Faisais-tu ton travail avec plaisir ou parce que tu devais le faire au risque de réprimandes ou autres sanctions ? A l’inverse, remémore-toi un prof avec lequel tu avais plaisir à travailler, n’était-ce pas parce que tu avais compris que ce qu’il pouvait t’enseigner pouvait réellement t’apporter quelque chose que tu respectais son autorité ?

 

8. L’éducation bienveillante, ça prend trop de temps

Et oui, bien souvent une relation de qualité prend du temps à être construite. C’est comme ça dans beaucoup de domaines : en amour, en amitié, dans les relations commerciales ou diplomatiques aussi. Pourquoi cela ne le serait-il pas entre parents et enfants ?

Il faut du temps pour apprivoiser son rôle de parent. D’ailleurs cet apprentissage ne s’arrête jamais ! Au fur et à mesure que ton enfant grandit, tu apprendra comment faire avec lui. C’est un travail de tous les jours, mais quel beau travail lorsque tu regardes de plus prêt tout ce que cela peut apporter de bon à toi et à ton enfant !

Depuis que ma fille née, c’est une évidence, j’ai moins de temps pour moi pour faire tout ce qui me plaît. J’aurai pu continuer ma vie trépidante d’avant, ne pas me poser de questions et avancer coûte que coûte pour me réaliser davantage dans ma vie personnelle et professionnelle. Aurais-je pu le faire sans que cela ne diminue fortement le temps de qualité passé avec ma fille ? Je ne le pense pas. D’autres mamans le peuvent peut-être : elles sont super bien organisées, elles ont à leurs côtés une personne de confiance à qui elles peuvent confier leur enfant. Je n’avais pas cela. Et en plus ma fille était une BABI 😉

J’ai donc décidé de me former à l’éducation bienveillante. Au lieu de regarder une série sur l’ordi, de surfer longuement sur les réseaux sociaux, je lisais sans relâche, j’écoutais des témoignages de mamans. Ces heures de lecture et de formation n’ont pas été une perte de temps mais un investissement qui me permet aujourd’hui de mieux appréhender les émotions de ma fille et de savoir comment mieux réagir avec elle. Elles m’ont aussi permises d’analyser mon enfance, avec ses joies mais aussi ses manques.

Quand tu prends le temps de connaître toutes ces informations sur toi-même et sur les enfants, c’est comme si tu construisais une maison sur des fondations solides. Tes murs ont plus de chance de tenir droit en cas de mauvais temps, car dis-toi bien que les orages et les tempêtes sont inévitables dans une vie de famille et mieux vaut y être préparés pour bien les traverser.

Je viens de te lister les 8 raisons principales du rejet de l’éducation bienveillante. Il  y en a surement d’autres, tout dépendra du vécu du parent dans sa propre enfance et de ses pensées par rapport à l’enfant.

Et toi, que penses-tu de cette analyse du rejet de l’éducation bienveillante ? N’hésite pas à commenter et à partager cet article sur tes réseaux sociaux si tu le trouves intéressant. Cela peut faire réfléchir de nombreux parents sur le type de relation qu’ils entretiennent avec leurs enfants. 

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12 commentaires

  • Cora

    « Mes parents m’ont élevé comme cela et je m’en sors bien »

    Eh bien je peux témoigner que ce n’est pas vrai !
    Pour preuve : je dois faire face à un dérèglement de la thyroïde. Je pensais que c’était un surmenage dû au travail. Mais finalement, depuis que je règle mes conflits internes dus à l’éducation que j’ai eu, avec un psy, ma thyroïde va mieux !!

    Ce n’est pas pour faire pression sur les parents, mais c’est vrai que maintenant, il y a tellement d’outils à notre disposition, disponible facilement, qu’on aurait presque un devoir de les prendre en main.

    • Jaaem

      En effet les outils sont de plus en plus disponibles de nos jours, grâce à internet ou aux livres ( n’oubliez pas les bibliothèques les parents, l’inscription est souvent gratuite )

  • Bastienne

    J’aime beaucoup comment tu as résumé les blocages à entrer dans un style d’éducation bienveillante. Evidemment, j’adhère avec ton article à 100%. Et par rapport à ce que tu dis au début, que tu es encore parfois en conflit avec ta fille, que des émotions te submergent… je me dis, heureusement, on est humain.e.s et peut-être que le but n’est pas de rogner tous les excès d’émotions. Je vis parfois pareil, le but est d’en avoir conscience et de faire autrement une prochaine fois 🙂

  • Nathalie

    Un super article! 🙂 Je ne suis pas encore maman mais cet article me donne à réfléchir et je te remercie pour cela. Pour ma part, j’apprécie beaucoup l’éducation donnée dans les pays nordiques qui rend les enfants autonomes très tôt tout en étant très bienveillant pour les parents.
    Belle continuation ! 🙂

    • Jaaem

      Merci ! Oui, on a beaucoup à apprendre des pays nordiques en matière d’éducation. La Suède a d’ailleurs été le 1er pays à interdire les châtiments corporels envers les enfants depuis 1979

  • Nicolas

    Que cet article est pertinent et juste. Combien de fois je me suis posé la question du “droit” que j’avais ou pas de juger des enfants mal élevés… Après tout ce sont les parents à blâmer. Mais si ces mêmes parents ont eu comme tu l’écris une éducation basée sur le rapport de force, eux-mêmes en sont les premières victimes et n’ont pas de repères… Tu poses là un vrai problème même si comme tu le dis fort justement tous les adultes n’ont pas les mêmes compétences de parents et il n’existe après tout pas qu’une seule éducation. Quoi qu’il en soit il faut bien se garder selon moi de juger les autres parents sans connaître toute leur vie, leurs contraintes sociales etc… Merci pour ta très belle réflexion en tous cas tu poses là une vraie QUESTION.

  • Harmonie des corps

    Je le constate souvent lors de mes coachings, le “modèle familial” est bien ancré de façon inconsciente. Il y a de fortes chances de le reproduire si l’on n’y prend garde. L’éducation des enfants en fait parti.

    C’est parfois difficile de réussir à 100% une éducation bienveillante à cause des stress de la vie de couple, de la vie sociale, de la vie professionnelle, du manque de temps, etc. C’est pour cela qu’il faut s’attacher chaque jour à faire au mieux pour ses enfants mais aussi pour soi.

  • Caroline

    Merci pour cet article ! J’espère que cela inspirera cerains parents à “se former” pour le bien de leurs enfants ainsi que pour eux-même !

  • Miren

    Merci 😊 C’est bon d’inviter chaque parent à réfléchir sur l’éducation qu’il donne à ses enfants, et surtout, de comprendre certains blocages parfois inconscients !

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